Atelier d’écriture « à la manière de… » 

Atelier d’écriture « à la manière de… » 

 

Cet atelier de quatre séances d’une heure et demie vise à initier les étudiants des Cours de civilisation française de la Sorbonne à l’étude du style d’un auteur francophone reconnu afin de s’en inspirer pour créer un texte court. Chaque séance permet de découvrir ou redécouvrir un auteur, d’analyser son style et de produire « à la manière de » cet auteur dans l’extrait choisi.  

Lors de cet atelier, les textes proposés par Isabelle Taillandier ont inspiré GenadyJozefJulien et Raoul, dont les productions sont réunies ici.  

Les CCFS les remercient de leur participation et d’avoir accepté de publier leurs textes.   

a la manière de

Affiche annonçant l’atelier. 

 

Textes proposés lors de l’atelier d’écriture du semestre de printemps 2026 :  

Émile Zola, Le ventre de Paris (1873) 

Description des étalages du marché des Halles 

Anna de Noailles, Le port de Palerme (1913) 

Un poème 

Hervé Le Tellier, Joconde sur votre indulgence (2002) 

Un auteur oulipien : l’écriture sous contrainte 

Annie Ernaux, Les années (2008) 

Comprendre l’enfant que nous avons été 

 

Retours d’expérience 

« Cet atelier d’écriture « à la manière de » avait pour but de sensibiliser les participants à divers procédés d’écriture et à l’intérêt de diverses figures de style. Ma première surprise a été de constater que les participants étaient tous des hommes (quatre au total) ! Ensuite, l’émulation mutuelle et la mise en commun des écrits a généré une entraide et une admiration mutuelle, contribuant ainsi à donner à cet atelier l’atmosphère d’un petit salon littéraire : partage, éclats de rire et concentration sont ce que je retiens de cette expérience. » - Isabelle Taillandier, professeure de FLE et éditrice – La Reine Blanche éditions.  

https://editionsdelareineblanche.fr/ 

 

« J’ai beaucoup apprécié les ateliers d’écriture et d’alexandrins. Ils m’ont énormément aidé à travailler la langue, à la fois de manière ludique et académique. J’ai été vraiment surpris de constater tout ce que j’ai pu apprendre en si peu de temps, et comment j’ai réussi à appliquer ce que je savais déjà dans un contexte littéraire. 

Ces ateliers ont également été une excellente occasion d’élargir ma compréhension de certains aspects de la culture littéraire française, ce qui m’a permis de mieux profiter de certaines sorties dans des lieux littéraires et historiques de Paris, comme le théâtre. C’était un vrai plaisir de suivre ces ateliers, bien au-delà du simple travail sur un manuel de FLE. 

Je tiens à remercier Madame Taillandier et Madame Guyen Croquez pour leur pédagogie, je recommande vivement leurs ateliers ! » – Julien, étudiant aux CCFS 

A propos de l’atelier d’écriture en alexandrins : https://www.ccfs-sorbonne.fr/poemes-en-alexandrins/ 

Productions des participants 

 

À la manière d’Émile Zola

À la manière d’Émile Zola 

Le ventre de Paris (1873) 

« Au carrefour de la rue des Halles, les choux faisaient des montagnes ; les énormes choux blancs, serrés, et durs comme des boulets de métal pâle ; les choux frisés, dont les grandes feuilles ressemblaient à des vasques de bronze ; les choux rouges, que l’aube changeait en floraisons superbes, lie de vin, avec des meurtrissures de carmin et de pourpre sombre. A l’autre bout, au carrefour de la pointe Saint-Eustache, l’ouverture de la rue Rambuteau était barrée par une barricade de potirons orangés, sur deux rangs, s’étalant, élargissant leurs ventres. Et le vernis mordoré d’un panier d’oignons, le rouge saignant d’un tas de tomates, l’effacement jaunâtre d’un lot de concombres, le violet sombre d’une grappe d’aubergines, çà et là, s’allumaient ; pendant que de gros radis noirs, rangés en nappes de deuil, laissaient encore quelques trous de ténèbres au milieu des joies vibrantes du réveil. »  

 Dans cet extrait, Émile Zola utilise la figure de style de l’accumulation (légumes, couleurs, adjectifs, verbes). L’accumulation de légumes exprime l’abondance, celle d’adjectifs de couleur met en valeur la vie et la beauté de la nature, celle de verbes crée une antithèse entre le mouvement des verbes d’action et l’immobilisme de l’étalage.  

Jozef 

Sur une petite table de chevet, un tas de livres désordonnés qui avoisinent des somnifères. Au sommet de la pile, trône un gros volume aux coins écornés lu pendant de longues nuits d’insomnie. Quelques couvertures reconnaissables, avec leurs filets noir et rouges, fripées, usées, gisent tout en bas. Sur la tranche, un nom d’auteur inconnu intrigue. L’exemplaire de La nuit juste avant les forêts traîne encore, ouvert, avec, en couverture, sa peinture française sombre et la typographie qui semble luire dans la pénombre. À côté, un livre illustré par Miquel Barceló, à l’aquarelle, rappelle peut-être le fantastique trouble de ses visions, comme si la nuit ellemême y déposait son illusion inquiétante. 

Julien 

Au carrefour de la Banque d’Angleterre, le feu piéton passe au rouge. Un vélo de sport vert citron, qui avait freiné, accélère. Un autre vélo de sport noir brillant dépasse rapidement un vélo s’apprêtant à démarrer et qui fait tinter sa sonnette. Ensuite passent plusieurs autres vélos en file indienne : un vélo équipé d’une chaise enfant ; un élégant vélo de route typiquement anglais, sobre et stylé dans des tons bruns ; enfin un vélo de route rétro, un peu marqué par les années, mais intemporel avec ses trois vitesses. Après le passage des vélos, le soleil matinal éclaire, de l’autre côté du carrefour, une roue de vélo posée sur le trottoir, toujours attachée à un arceau par un cadenas. Le feu piéton passe au vert. Les vélos ralentissent.  

 

À la manière d’Anna de Noailles

À la manière d’Anna de Noailles 

Le port de Palerme (1913) 

 

« Je regardais souvent, de ma chambre si chaude, 

Le vieux port goudronné de Palerme, le bruit 

Que faisaient les marchands, divisés par la fraude, 

Autour des sacs de grains, de farine et de fruits, 

Sous un beau ciel, teinté de splendeur et d’ennui… 

 

J’aimais la rade noire et sa pauvre marine, 

Les vaisseaux délabrés d’où j’entendais jaillir 

Cet éternel souhait du cœur humain : partir ! 

-Les vapeurs, les sifflets faisaient un bruit d’usine 

Dans ces cieux où le soir est si lent à venir… 

 

C’était l’heure où le vent, en hésitant, se lève 

Sur la ville et le port que son aile assainit. 

Mon cœur fondait d’amour, comme un nuage crève. 

J’avais soif d’un breuvage ineffable et béni, 

Et je sentais s’ouvrir, en cercles infinis, 

Dans le désert d’azur les citernes du rêve. » 

Ce poème d’Anna de Noailles met en place plusieurs figures de style : la gradation ascendante pour désigner le ciel dans un vocabulaire de plus en plus lyrique (ciel, cieux, désert d’azur) ; l’antithèse entre l’intérieur et l’extérieur, entre l’immobilisme et le mouvement ; enfin, des assonances et des allitérations pour faire entendre le bruit de la mer mais aussi de l’activité du port de Palerme. Enfin, le thème du désir d’ailleurs domine tout le poème (ennui, partir, venir, rêve). 

 Jozef 

Je regarde, depuis ma chambre, la pluie qui se déverse sur l’avenue : le pelage trempé du clébard de mon voisin, les écoliers éclaboussés par l’eau du trottoir. Seuls les cirés reluisent dans l’obscurité du jour. 

Tous cherchent l’abri de la pluie dense et lourde. Sauf le chien du voisin, qui veut jouer dans les flaques et saute de joie, laissant des taches boueuses sur les vêtements de son maître. 

Les gouttes d’eau s’écrasent sur le toit froid de la maison. Le son métallique et doux – un battement régulier et musical - invite à danser avec la pluie. 

Ah ! Sortir et goûter les larmes du ciel. 

Julien 

Je regarde parfois, à travers les vitres d’un bar très fréquenté, la rue et les gens qui passent. À l’extérieur, la terrasse est éclairée par des réverbères. À l’intérieur, des tables et des chaises, séparées par une danse de lumière et d’ombre, s’animent au passage des pieds. Au comptoir, sous les luminaires, on ne s’échappe pas, mais on ne partage rien. J’aime m’asseoir ici et voir la vie défiler… 

Une silhouette floue, peut-être un coureur, glisse de gauche à droite de l’autre côté de la rue. Un homme promène son chien, loin, dans la pénombre. Deux amies marchent ensemble, leurs rires rayonnant sous chaque lampadaire. Un couple quitte la terrasse du bar, s’arrête, et s’embrasse sous l’enseigne. Mais ce qui me frappe, c’est la vitrine vide d’en face, cette obscurité si claire sous la nuit. J’imagine un instant que s’y reflète le bar, sa chaleur, cette mer de visages inconnus, et que j’y vois mon reflet, nageant entre eux, ballotté par les vagues de leurs rires, les yeux toujours tournés vers la rue. 

 Raoul 

Assis dans un train de banlieue, un soir où je rentrais du travail, j’observai paisiblement le paysage défiler. Soudain, il se mit à pleuvoir. L’eau de la pluie giclait sur les vitres comme des rafales me rappelant le bruit des tambours de mon village camerounais. Les arbustes tanguaient fortement. L’herbe des champs s’enivrait de cette eau venue du ciel. Le train roulait assez rapidement vers Paris. La pluie tombait de plus belle, le vent soufflait et le feuillage chaloupait, tel des danseurs au son d’une musique endiablée. Peu après, l’intensité diminua, l’eau vint caresser les vitres et coulait telles des larmes sur les joues. 

À la manière d’Hervé Le Tellier

À la manière d’Hervé Le Tellier 

Joconde sur votre indulgence (2002) 

 

 

« Le point de vue du Grand Schtroumpf 

Je me souviens très bien de Léonard de Vinci car je l’ai schtroumpfé à Florence quand j’étais tout jeunot, 106 ans à peine. Et je l’ai schtroumpfé à schtroumpfer la Joconde.  

C’est moi qui suis allé la schtroumpfer et qui l’ai convaincue de schtroumpfer pour lui. Elle s’est schtroumpfée sur un tabouret, et ça a duré des schtroumpfs parce que Léonard, c’est peut-être un génie, mais quand il schtroumpfe, il prend son schtroumpf. C’est le moins qu’on puisse schtroumpfer. 

Ceci dit, il est vrai qu’elle a un schtroumpf indéfinissable.  

 

Le point de vue de l’horoscope 

horoscopePoissons – 20 février-20 mars 

Amour : tout irait mieux si vous étiez moins poseuse et si vous faisiez un petit effort. Allez chez le coiffeur, portez des vêtements plus jeunes. Santé : ne restez pas trop longtemps assise. Méfiez-vous des problèmes dentaires. Travail : ne restez pas les bras croisés. La fortune sourit indéfinissablement aux audacieux.  

 

Le point de vue du jeu de l’oie 

Place-toi sur la case départ. Lance les dés et avance du nombre de cases qu’indique la somme des deux cases. La case 53 est la case d’arrivée. Le premier à l’atteindre gagne. 

Cases 4, 15, 27, 43 : quel joli sourire ! Essaie de le définir et rejoue.  

Cases 7, 19, 30, 47 : les mains croisées, on ne passe pas. Reviens d’où tu viens. 

Cases 10, 21, 36, 45 : comme la route est sinueuse, avance de trois cases.  

Cases 12, 22, 32, 42 : tu t’assieds sur le tabouret. Reste san bouger en croisant les bras pendant un tour.  

Cases 13, 17, 35, 52 : un châle noir, pas de chance. Retourne à la case départ.  

Cases 9, 19, 31, 50 : attention, tu es sur la falaise ! Recule de trois cases pour ne pas tomber. »  

Fidèle à l’OuLiPo, groupe de recherche en littérature expérimentale créé par Raymond Queneau en 1960, Hervé Le Tellier s’amuse avec la langue et les stéréotypes. Dans ce recueil, il rend bien sûr hommage aux célèbres Exercices de style (1947) du fondateur de l’OuLiPo. Ici, son point de départ n’est pas un récit mais un tableau célèbre, La Joconde de Léonard de Vinci.  

 

Genady 

Le cri, Edvard Münch (1895)

Le cri, Edvard Münch (1895) 

balanceBalance 

23 septembre – 22 octobre 

Santé : même si on a parfois l’impression que le ciel est en feu, ce n’est pas si mal. Travail : reprenez-vous en mains.  Laissez échapper un cri de soulagement : l’autre rive est proche ; le pont est sûr, et les eaux sont calmes ! Amour : en revanche, l’amour est derrière vous.  

 

 

Jozef 

femme qui pleureLa femme qui pleure, Pablo Picasso (1937)  

vierge

Vierge, bien évidemment 

23 août – 22 septembre 

 

Amour : pas de passion pour vous, vu votre tronche. Chargée d’émotions mais célibataire quand même. Les planètes ne montrent pas d’évolution favorable. Santé : votre visage déformé se remettra en ordre vers 2000 au moment de l’invention du botox. Pour les problèmes dentaires, consultez la Joconde. Travail : la chance est avec vous : engagement en tant que modèle par un peintre célèbre ou décoratrice de mur de maison.  

 

Julien 

pipeCeci n’est pas une pipe, René Magritte (1929) 

 Place-toi sur la case départ. Lance les dés et avance du nombre de cases qu’indique la somme des deux cases. La case 53 est la case d’arrivée. Le premier à l’atteindre gagne. 

Cases 4, 15, 27, 43 : quelle rondeur et quelle profondeur. Trouve du tabac pour le mettre dedans. Rejoue.   

Cases 7, 19, 30, 47 : le tabac est prêt, sens-le et admire la courbure de la tête. Avance de trois cases.  

Cases 10, 21, 36, 45 : les allumettes, elles sont où ? Il faut les trouver. Oui, ta dépendance au tabac coûte cher. Reviens d’où tu viens.   

Cases 12, 22, 32, 42 : tu as trouvé des allumettes et maintenant tu t’assieds dans un fauteuil. Reste sans bouger pendant un tour. N’abuse pas de la nicotine.   

Cases 13, 17, 35, 52 : tu es maladroit. Tu as fait tomber les allumettes. Retourne à la case départ.  

Cases 9, 19, 31, 50 : mais attention, ceci n’est pas une pipe ! Tu veux vraiment brûler un tableau ? Recule de trois cases pour ne pas l’abimer.  

 

Raoul 

La méridienne

La méridienne, Vincent van Gogh (1889-1890) 

 Je vous aperçus schtroumpfer sur la paille, sûrement après avoir schtroumpfé avec vos bêtes toute la matinée. Il devait être vraiment schtroumpfant, le schtroumpf d’aujourd’hui. Voir la Schtroumpfette et le Schtroumpf schtroumpfant côte à côte sous un ciel bleu est vraiment schtroumpfant. Cela me donne envie de schtroumpfer comme vous !  

 

 

 

À la manière d’Annie Ernaux

À la manière d’Annie Ernaux 

Les années (2008) 

« La photo en noir et blanc d’une petite fille en maillot de bain foncé, sur une plage de galets. En fond, des falaises. Elle est assise sur un rocher plat, ses jambes robustes étendues bien droites devant elle, les bras en appui sur le rocher, les yeux fermés, la tête légèrement penchée, souriant. Une épaisse natte brune ramenée par-devant, l’autre laissée dans le dos. Tout cela révèle le désir de poser comme les stars dans Cinémonde ou la publicité d’Ambre solaire, d’échapper au corps humiliant et sans importance de petite fille. Les cuisses, plus claires, ainsi que le haut des bras, dessinent la forme d’une robe et indiquent le caractère exceptionnel, pour cette enfant, d’un séjour ou d’une sortie à la mer. La plage est déserte. Au dos : août 1949, Sotteville-sur-Mer 

Elle va avoir neuf ans. Elle est en vacances avec son père chez un oncle et une tante, des artisans qui fabriquent des cordes. Sa mère est restée à Yvetot, tenir le café-épicerie qui ne ferme jamais. C’est elle qui, habituellement, tresse ses cheveux en deux nattes serrées et les fixe en couronne autour de sa tête, avec des barrettes à ressort et des rubans. Soit ni son père ni sa tante ne savent attacher ses tresses ainsi, soit elle profite de l’absence de sa mère pour les laisser flotter. 

Difficile de dire à quoi elle pense ou rêve, comment elle regarde les années qui la séparent de la Libération, de quoi elle se souvient sans effort. » 

Dans cet extrait, Annie Ernaux parle de l’enfant qu’elle a été à travers une photo que l’on ne voit pas, ce qui laisse le lecteur libre de l’imaginer. Elle utilise le présent d’énonciation, assez courant dans une autobiographie pour actualiser le passé, mais aussi la troisième personne du singulier afin de marquer la distance entre l’adulte qu’elle est et l’enfant qu’elle a été, ce qui lui permet d’ancrer son récit dans l’objectif. L’analyse de cette photo s’effectue en trois temps : description, contexte, tentative de restituer les pensées de la petite fille sur la photo.  

Genady 

La photo en noir et blanc granuleuse d’un petit garçon en chemise blanche et en costume foncé à l’ancienne avec un nœud papillon élégant. En fond un tapis de mur, probablement dans le cabinet d’un photographe.  Il regarde la caméra calmement avec de grands yeux brillants et l’ébauche d’un sourire, évidemment fier de son abondante chevelure de douces boucles noires.    

Il a trois ans, et dans quelques mois sa mère va lui faire couper les cheveux.  Un véritable traumatisme psychologique – ils ne repousseront jamais aussi souples et soyeux.  

Difficile de dire à quoi il pense ou rêve : en fait, cette séance chez un photographe est l’un de ses premiers souvenirs.   

Jozef 

La photo d’un petit garçon devant un vieux tableau noir à craie, la coupe de cheveux à la César, mais ne sachant pas encore qui était César. Il est en train d’apprendre la géométrie, ce qui lui donne bien évidemment une auréole de formes géométriques magnétiques. Abécédaire devant lui, bras posés l’un sur l’autre, doigts  inhabituellement épais pour l’âge ; ses traits et son sourire traduisent son enthousiasme de poser devant un photographe.  

La prise de photo était rare à l’époque. C’était une grande occasion : le photographe était invité à l’école pour cette séance spéciale, attestée par les dessins à la craie dessinés spécialement pour l’occasion par la maîtresse au tableau en tant que décor, visible dans le coin gauche de la photo.  

Aujourd’hui, il n’aime plus poser pour les photos et déteste être photographié. Est-ce la timidité ou la prolifération numérique et la saturation de l’image contemporaine qui détruisent sa capacité à désirer être photographié ? Vidée de son pouvoir poétique, l’image et le rituel même de la photographie d’aujourd’hui le rend indifférent à ce qui, autrefois, le bouleversait. 

 Julien 

La photo en couleur d’un garçon vêtu d’un polo à manches longues, assis sur un transat devant un restaurant. Au fond, des portes rouges séparent l’intérieur de la terrasse. Ses cheveux commencent à boucler. Il est assis de manière décontractée, un peu avachi, les bras légèrement croisés. Il sourit, les yeux directement tournés vers l’objectif. Ou plutôt, il essaie. Il ne sait pas encore vraiment comment faire. Ses yeux sont un peu plissés, ses joues naturellement gonflées. C’est un rare moment de détente, presque malgré lui. Peut-être est-ce la faute du soleil, ce ciel nuageux de ce côté de la France, qui le fait grimacer comme un sourire. Il n’y a personne d’autre sur la photo. Aucune date.  

Il a huit ou neuf ans. Il est en vacances d’été avec sa famille, venant rendre visite à Papy. Habitant à l’étranger, ces visites sont les seuls moments de contact avec ce monde-là. Et chaque année, c’est la même chose : ça arrive, ça finit, et ça recommence.  

Difficile de savoir à quoi il pense à cet instant, ou comment il regarde les années qui suivent, jusqu’à ce que ces visites s’arrêtent.  

Raoul 

La photo en noir et blanc d’un petit garçon habillé d’une chemise claire et d’un pantalon sombre. Il habite dans une caserne de gendarmerie à Yaoundé au Cameroun. Il est en compagnie de ses petites sœurs et de ses amies d’enfance. Ces dernières tiennent des cannes à sucre dans leurs mains. 

Il est heureux de poser, ce qui se lit sur son visage tout sourire. Ces joues rondes et sa taille indiquent son jeune âge. En 1970, il a neuf ans. Insouciant car ce sont les vacances, il peut bien s’amuser. 

atelier

  

Agenda culturel des CCFS : https://ccfs-sorbonne.extranet-aec.com/events/view/0-AgendaCulturel#/ 

La Reine Blanche éditions : https://editionsdelareineblanche.fr/ 

Instagram : @reineblancheeditions 

Hervé Le Tellier : https://www.oulipo.net/fr/oulipiens/hlt 

Annie Ernaux : https://www.annie-ernaux.org/fr/biographie/ 

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CCFS Discovery Week
From July 16 to 26

Experience CCFS before your courses even begin!

CCFS Sorbonne invites you to take part in an exceptional Discovery Week — the perfect opportunity for future students, curious minds, and lovers of the French language and culture to immerse themselves in the unique world of CCFS.

On the agenda: campus tour, online trial classes, online lectures…
All events are free but require registration. Limited slots.

Semaine de découverte des CCFS du 16 au 26 juillet

Venez vivre l’expérience CCFS avant même de commencer vos cours !

Les Cours de Civilisation Française de la Sorbonne vous ouvrent leurs portes lors d’une semaine de découverte exceptionnelle : l’occasion idéale pour les futurs étudiants, les curieux et les passionnés de langue et de culture françaises de plonger dans l’univers unique des CCFS.

Au programme : visite du campus, cours d’essai en ligne, conférences en ligne… Inscription gratuite mais obligatoire. Places limitées.

Logo des Cours de Civilisation Française de la Sorbonne

Information

Les cours semestriels S10, S20, S40 et AN40 pour la rentrée de printemps sont désormais complets.
Pour vous inscrire en liste d’attente merci de contacter le secrétariat au 01 44 10 77 00

Semester courses S10, S20, S40, and AN40 for the spring semester are now full.
To join the waiting list, please contact the secretariat at
+331 44 10 77 00.

Focus

Découvrez les cours mensuels de français.

Ces programmes courts sont destinés à un public de niveau débutant, élémentaire ou intermédiaire (niveaux A0 à B1).

Étudiant des Cours de Civilisation Française de la Sorbonne

Discover monthly French courses.

These short programs are designed for beginners, elementary, or intermediate learners (levels from A0 to B1).

They combine French language classes and speaking practice sessions to help students quickly improve their mastery of the French language.

 📣  Conférence découverte « Explorez Lyon avec Mme Dally »

📅  Lundi 30 juin à 15h30
sur le campus des CCFS

 📣  Open Lecture – Explore Lyon with Ms. Dally

📅  Monday, June 30 at 3:30 PM
on CCFS campus

Participez gratuitement à une immersion culturelle vivante, accessible dès le niveau A2, à la découverte d’une ville emblématique du patrimoine français.

👉 Cette conférence est l’occasion idéale de découvrir le format de nos conférences et de visiter notre campus dans une ambiance conviviale !

📍 Lieu : Campus des CCFS
7-11 avenue des Chasseurs
75017 Paris
👥 Ouvert au public, sur inscription
🎓 Accessible à partir du niveau A2

Au programme :

– Accueil sur le campus (15h15)
– Conférence : Lyon, une ville à explorer (1h15 min)
– Échange avec l’enseignante & découverte des CCFS (15 min)

ℹ️ L’entrée est gratuite, dans la limite des places disponibles.
Merci de vous présenter à l’accueil à partir de 15h15.

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INFORMATION

Le secrétariat sera exceptionnellement fermé le jeudi 6 juin.

The secretariat will be exceptionally closed on Thursday, June 6. 

Dernières places disponibles pour la rentrée d'automne !

Profitez d’une remise exceptionnelle de 20% sur le cours intensif de français S40, les cours S10 et S20 et les cours du soir.

Les inscriptions fermeront le vendredi 13 septembre à minuit.

Pour s’inscrire :

  • Pour le cours S40, inscription sur ce site avec le code promo SEPTEMBRE24
  • Pour les cours du soir S5, inscription sur ce site avec le code promo SEPTEMBRE24
  • Pour les cours S10 et S20, inscription directement au secrétariat de l’institution, ouvert du lundi au vendredi de 9h30 à 12h30 et de 13h30 à 16h30.


Inscription dans la limite des places disponibles.

L’inscription à la session d’automne (rentrée du 16 septembre 2024) est encore possible, sous réserve de places disponibles.

Les étudiants souhaitant s’inscrire sont invités à se rendre directement au bureau des admissions de l’institution, ouvert du lundi au vendredi de 9h30 à 16h30.
Ils doivent s’assurer de disposer d’un visa valide.

L’inscription en ligne pour cette session n’est plus possible sur ce site.

Last spots available for the fall intake

Get an exclusive 20% discount on the intensive French course S40, S10 & S20 courses, and evening classes.

Registration will close on Friday, September 13th, at midnight.

To register:

  • For the S40 course, register on this website using the promo code SEPTEMBRE24.
  • For the evening classes S5, register on this website using the promo code SEPTEMBRE24.
  • For S10 & S20 courses, register directly at the institution’s office, open Monday to Friday from 9:30 am to 12:30 pm and from 1:30 pm to 4:30 pm.

Registration is subject to availability.

Registration for the fall session (starting on September 16, 2024) is still possible, subject to availability.

Students wishing to register are invited to go directly to the institution’s admission office, open Monday to Friday from 9.30am to 4.30pm.
They must ensure they have a valid visa.

Online registration for this session is no longer available on this website.

Dates des prochains examens TCF

Les prochaines sessions d’examen TCF auront lieu dans les locaux de l’institution aux dates suivantes :

Le 30 janvier et le 27 février :

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Le 31 janvier et le 28 février :

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