Guillaume de Rubrouck : l’explorateur français qui devança Marco Polo dans l’Empire mongol
Quand nous pensons aux explorateurs européens médiévaux voyageant vers l’Extrême-Orient, un nom nous vient invariablement à l’esprit : Marco Polo. Ses récits sur Xanadu et la cour de Kubilaï Khan enflamment l’imagination depuis des siècles. Mais que diriez-vous si nous vous apprenions que, des décennies avant le célèbre voyage de Polo, un frère franciscain du Royaume de France entreprit une mission encore plus périlleuse au cœur du redoutable Empire mongol ?
Son nom était Guillaume de Rubrouck (William of Rubruck), et son histoire constitue un chapitre crucial, bien que souvent méconnu, de l’histoire de la civilisation française et de l’exploration mondiale. Pour les étudiants apprenant le français, son périple révèle une facette du passé de la France qui s’étend bien au-delà de ses frontières européennes, témoignant d’un esprit médiéval de curiosité et de diplomatie. Aux Cours de civilisation française de la Sorbonne (CCFS), nous pensons que la compréhension de ces figures pionnières offre un contexte plus profond à la langue et à la culture que vous étudiez.

Une mission forgée au cœur du pouvoir royal et intellectuel
Le voyage de Guillaume de Rubrouck naît d’une alliance entre pouvoir royal et ferveur intellectuelle. Nous sommes dans la France du XIIIe siècle. Frère franciscain de Flandre, alors terre française, Guillaume est proche du roi Louis IX, le futur Saint Louis.
Ce roi pieux et curieux protège aussi son chapelain, Robert de Sorbon. En 1257, avec le soutien royal, Sorbon fonde à Paris un collège pour étudiants modestes. Cette institution deviendra la légendaire Sorbonne, cœur historique de nos CCFS. Ce lien illustre l’effervescence de la cour de Louis IX. Dans ce même cercle naissent une mission aux confins de la terre et l’une des universités les plus célèbres au monde.
Louis IX dépêche Guillaume de Rubrouck en 1253 par diplomatie et zèle missionnaire. Après la défaite de la septième croisade, le roi s’intéresse aux Mongols. Il cherche un allié potentiel dans ce puissant empire. De plus, la légende du Prêtre Jean, souverain chrétien d’Orient, nourrit ses espoirs. Les Mongols ont-ils des sympathies chrétiennes ? La mission de Guillaume est de répondre à cette question.
La route longue et périlleuse vers Karakorum
Voici le texte retravaillé avec des phrases courtes et des mots de transition pour rendre la lecture plus fluide et naturelle :
Le voyage de Guillaume de Rubrouck naît en effet d’une alliance entre pouvoir royal et ferveur intellectuelle. Nous sommes alors dans la France du XIIIe siècle. Frère franciscain de Flandre, une terre alors française, Guillaume est ainsi un proche du roi Louis IX, le futur Saint Louis.
Parallèlement, ce roi pieux et curieux protège son chapelain, Robert de Sorbon. C’est pourquoi, en 1257, avec le soutien royal, Sorbon fonde à Paris un collège pour étudiants modestes. Cette institution deviendra plus tard la légendaire Sorbonne, cœur historique de nos CCFS. Ce lien illustre parfaitement l’effervescence de la cour de Louis IX. Ainsi, dans ce même cercle, naissent à la fois une mission aux confins de la terre et l’une des universités les plus célèbres au monde.
Finalement, Louis IX dépêche Guillaume de Rubrouck en 1253 par diplomatie et zèle missionnaire. En effet, après la défaite de la septième croisade, le roi s’intéresse de près aux Mongols. Il cherche alors un allié potentiel dans ce puissant empire. De plus, la légende du Prêtre Jean, souverain chrétien d’Orient, nourrit ses espoirs. Les Mongols ont-ils des sympathies chrétiennes ? La mission de Guillaume est justement de répondre à cette question.
Un anthropologue avant l’heure : un Français dans la capitale mongole
La destination de Guillaume était Karakorum, la capitale cosmopolite de l’Empire mongol. Son récit détaillé de la ville est l’une des sources historiques les plus précieuses de l’époque. Il se révéla être un observateur méticuleux et étonnamment objectif, fournissant à l’Europe sa toute première description fiable et directe de la vie mongole.
Il décrivit notamment :
La société mongole : Leur mode de vie nomade, leurs maisons de feutre (yourtes ou gers), leur régime alimentaire (incluant le célèbre lait de jument fermenté, le koumis) et leurs coutumes sociales.
Une capitale cosmopolite : Loin d’être un simple campement, Karakorum était une ville fortifiée avec des quartiers distincts pour les artisans étrangers — dont un orfèvre parisien nommé Guillaume Boucher — et des marchands venus de toute l’Eurasie.
La diversité religieuse : Guillaume fut étonné par la tolérance religieuse dont il fut témoin. Il livre un témoignage inestimable sur la coexistence de chamanistes, de chrétiens nestoriens, de bouddhistes et de musulmans, rivalisant tous d’influence à la cour du Khan. Il participa même à un célèbre débat formel entre les religions, organisé par Möngke Khan lui-même.
Ses descriptions étaient largement exemptes de la fantaisie et de l’exagération communes aux autres récits de voyage. Il démystifia les légendes sur les « races monstrueuses » d’Orient et présenta les Mongols non comme des monstres, mais comme un peuple complexe doté d’un système impérial sophistiqué, bien que brutal.

Le rapport que l’histoire a failli oublier
À son retour en 1255, Guillaume ne put faire son rapport à Louis IX en personne. À la place, il écrivit une longue lettre détaillée au roi, connue sous le nom d’Itinerarium. Ce document remarquable est un chef-d’œuvre de la littérature médiévale et de l’observation ethnographique.
Pourquoi n’a-t-il pas atteint la renommée du Devisement du monde de Marco Polo ?
L’objectif : L’œuvre de Guillaume était un rapport de renseignement officiel pour un roi, et non un récit de voyage commercial écrit pour le divertissement du public. Son ton est formel et précis.
La circulation : Il circula sous forme de manuscrit parmi un cercle restreint d’érudits, tandis que le livre de Polo, rempli d’histoires plus sensationnelles, fut largement diffusé et devint un « best-seller » médiéval.
Malgré cette relative obscurité, les historiens considèrent le récit de Guillaume comme plus précis et plus fiable que celui de Polo. Il était un observateur attentif qui distinguait ce qu’il voyait lui-même de ce qu’il entendait dire. Son œuvre est un texte fondateur de l’histoire de l’anthropologie et un témoignage de la curiosité intellectuelle de la France du XIIIe siècle.
Explorez le rayonnement mondial de la civilisation française
L’histoire de Guillaume de Rubrouck nous invite à élargir notre compréhension de la « civilisation française ». C’est une histoire intrinsèquement liée aux origines de la Sorbonne elle-même. La mission de l’explorateur comme la fondation de l’université sont nées du dynamisme intellectuel et spirituel de la cour du roi Louis IX. Cette perspective mondiale fait partie de l’identité française depuis des siècles.
Pour les étudiants venant des États-Unis, de Suède, d’Asie et du monde entier, apprendre le français aux Cours de civilisation française de la Sorbonne est une invitation à explorer cette histoire riche et multiforme. Nos programmes sont conçus pour vous immerger dans les courants culturels, littéraires et historiques qui ont façonné la France et son rôle dans le monde.
Explorez nos cours de civilisation française au CCFS et commencez votre propre voyage de découverte.


